Apologie de l’orgasme, recherche de la performance, marchandisation des corps, manque de temps… la sexualité organique - visant le plaisir pour le plaisir - est celle qui se pratique généralement dans les sociétés modernes. Induit(e)s en erreur par la pornographie, nous percevons en effet l’acte sexuel comme un agissement profane et considérons le corps comme un outil nous permettant d’accéder à une jouissance purement physique.


Il est toutefois à notre portée de se libérer de cette représentation pour réinventer notre sexualité. L’envisager différemment en pensant le corps comme un lieu de connexion, en convoquant les sens et l’esprit, en prenant soin de soi et de l’autre et en imaginant finalement une sexualité reliée à une dimension spirituelle, qui s’effectue par le corps et pénètre au cœur de nos êtres, dans le temple de nos émotions, de nos sentiments, de notre intimité.


La difficulté ici réside dans le fait qu’il n’y ait pas de mode d’emploi précis nous expliquant comment conférer un souffle sacré à nos ébats. Tout passe par le ressenti. Il faut trouver son propre rythme, se mettre à l’intérieur de soi, se connecter au cœur et à la meilleure partie de l’autre, faire circuler les énergies, laisser de côté les rôles habituels de l’homme et de la femme... Bref, pas évident-évident au premier coup d’œil. C’est pourquoi nous avons décidé de vous donner quelques pistes pour vous mettre sur la voie...


6 pistes pour transformer sa sexualité en un instant sacré


Se mettre en quête de spiritualité : Il ne s’agit pas de rechercher la spiritualité dans la sexualité mais de sentir les effets de sa quête spirituelle dans sa sexualité. Méditation, respiration, relâchement, yoga, prière, marche silencieuse, recherche du vrai… toutes ces aspirations et pratiques favorisent un éveil de la conscience qui nous aidera à élever notre sexualité, à la faire passer d’une rencontre des corps en quête de jouissance physique vers un moment d’épanouissement général et de fusion entre le cœur et le corps.

Aimer son corps et en prendre soin : Le corps est un partenaire qui doit être soigné, regardé avec bienveillance et traité avec amour. Sans ce rapport tendre et respectueux, il sera difficile de dépasser la dimension purement physique de l’acte sexuel et de s’oublier lors de la rencontre avec son partenaire. Il est donc capital de travailler sur cet aspect, d’autant plus qu’en chouchoutant notre corps, nous développons notre sensualité, augmentons nos sensations et élargissons nos zones érogènes.

Lâcher prise avec confiance : La sexualité sacrée ne peut exister que dans l’abandon. Sans gêne, sans retenue, sans contrôle. Il faut entrer dans un « au-delà du corps » et se laisser aller sans attentes. « Mushotoku » disent les maitres Zen, c’est à dire sans but et sans esprit de profit. On ne recherche rien, on n’attend rien, on fait. Mais pour chavirer dans l’abandon qu’exige cette pratique, il est important d’avoir une profonde confiance en soi et en son partenaire. Il faut dès lors se libérer de nos freins intérieurs (préjugés, échecs passés, expériences douloureuses, pudeur mal placée, peur du jugement…) et établir une connivence puissante avec son amant afin de permettre au cœur et au corps de s’ouvrir et de s’exposer.

Soigner son couple : L’énergie sexuelle ne tombe pas du ciel. Plus le quotidien du couple est vivifiant et amoureux, plus les ébats seront beaux, intenses. Il ne faut donc pas cloisonner la vie courante, ce qui se passe dans la chambre à coucher se place dans la continuité de ce qui se passe le reste du temps. Aussi, ne laissez pas le désir et l’envie s’estomper de trop de reproches ou d’une indifférence sournoise : communiquez, complimentez-vous, veillez l’un sur l’autre, exprimez vos sentiments… La sexualité sacrée s’adresse à des êtres qui sont épanouis dans leur relation.

Confondre les rôles : Il ne doit pas y avoir de domination, de manipulation, de focus sur le plaisir de l’autre, de sentiment d’obédience. Non. Il s’agit de partager à deux un puissant moment de communion. Dès lors, l’homme et la femme doivent se défaire des rôles que la société a tendance à leur attribuer. Exemple, l’homme doit être celui qui mène la danse... L’idée ici est donc pour les partenaires, d’explorer alternativement les polarités yin (accueil) et yang (action) de leur sexualité. Un coup, je donne le rythme, un coup je me laisse faire. Pas de normes, pas de cadre, pas de carcan sociétal… les deux amants sont libres de vibrer ensemble sans contraintes.

Faire de la chambre à coucher un lieu propice à la relation amoureuse et sexuelle : Nous ne sommes pas ici en train de vous suggérer de transformer votre chambre en un temple érotique mais plutôt d’y associer l’intention claire d’y retrouver votre partenaire pour des moments privilégiés. Alors exit la télévision, les jouets des enfants et la table à repasser qui traine à côté du placard et place, si nécessaire, à des éléments plus sensuels pour se mettre dans l’ambiance. Bougies, lumières tamisées, parfums, soie…


Pour conclure, pratiquer une sexualité sacrée, c’est comprendre que la sexualité n’est pas seulement une affaire de jouissance des corps mais que c’est un échange, un voyage spirituel, un moment de partage et d’unité avec l’autre et avec soi-même, loin des projections mentales erronées de nos sociétés... Alors vous aussi laissez-vous aller et empruntez la voie du Tantra, ce lieu supérieur où l’on ne cherche plus à maitriser ou à performer mais à s’oublier et où pour être complet, l’orgasme ne peut PAS être strictement génital.


Si le sujet de la sexualité féminine vous intéresse et que vous souhaitez approfondir, n’hésitez pas à vous inscrire à notre retraite en ligne FEMMES SACRÉES. Disponible depuis le 10 octobre, elle aborde des thématiques qui nous concernent toutes et tente de nous aider à nous comprendre mieux et à nous épanouir davantage. Au programme : sexualité, naturopathie, analyse des cycles, magie lunaire, féminin sacré, réappropriation du corps par le mouvement, yoga de la femme…