Le mot d’Audrey


Chaque semaine, cette professeure de yoga passionnée d’écriture se met à nue et philosophe pour le Namas’mag sur un sujet qui lui tient à cœur. Aujourd’hui, elle a choisi de nous parler de la peur et se livre à nous avec fougue et poésie. Émouvant.


De la peur...au cœur :


« La peur. Cette peur que nous connaissions si profondément. Cette peur qui est présente depuis bien trop longtemps. Cette peur dont nous avons du mal à nous départir. Celle paralysante. Cette peur qui nous plonge dans l’inconnu. Celle non tangible. Presque destructible. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Nous savons que le monde souffre aujourd’hui. Nous savons que nous devons abandonner le besoin de contrôle. Le contrôle devient illusion. L’illusion devient réalité. Une réalité à laquelle nous sommes confrontés. Depuis plusieurs mois, nous apprivoisons cette peur. Nous ne cherchons plus à la dissimuler. Nous devenons vulnérables. Nous n’osons plus vibrer intensément en embrassant chaque instant. Nous avons peur de l’inconnu. L’inconnu ne le sera qu’une seule fois. La meilleure arme contre l’inconnu est la connaissance, et la mère de la connaissance est l’expérience. Nous avons peur de tout, de nous. Peur de la lumière plus que de l’obscurité. Et quand nous sommes dans l’obscurité, nous regrettons, nous implorons la lumière alors qu’elle est là, à notre portée. Nous pouvons la cueillir, l’embrasser, l’aimer. Notre peur la plus profonde. Celle de ne pas être à la hauteur. C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus. C’est la peur qui nous garde les pieds au plancher. C’est la peur qui nous pousse à calmer les papillons qui nous chatouillent l’intérieur. Cette peur toute humaine, nous pouvons choisir de lui offrir une nouvelle perspective, de lui ouvrir notre cœur.

Laisser glisser la peur pour goûter à l’humanisme. Comprendre ou apprendre que nous sommes tous reliés. Intégrer ou digérer qu’ensemble nous allons cheminer dans le brouillard apparent. Accepter ou tolérer que nous sommes exposés au vent. Décider ou réaliser que ce qui nous entoure est précieux. Commencer ou continuer à s’y arrêter, à apprécier, à partager. Se destiner ou se jurer de tendre la main au nom de la solidarité. Choisir de se tourner vers l’autre. Avoir cette compassion savoureuse. Garder l’envie délicieuse. Entrer dans la métamorphose. Écouter le silence pour en trouver la clé. Trouver des pistes pour s’échapper. Jongler avec des esquisses pour se créer. Oser faire confiance pour se libérer. Se murmurer au creux de l’oreille que tout finira par s’arranger. Laisser la vie dérouler son récit. Se délecter du paysage, de ses délices. Goûter aux plaisirs simples, à leurs malices.

Partir à la découverte de ce qui sommeille en nous. Simplement, lestement, tendrement. Et abandonner la chenille pour se transformer en papillon ».


Audrey Badin.

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